Une vie de rêve

Du rêve au cauchemar, il n'y a qu'un pas : les rêves et les mensonges dont Océane se berce...


Ce texte est le fruit d’un travail de rédaction au sein du cours de français que je suivais en seconde. En quelque sorte mon premier « concours littéraire » puisque certains textes, dont le mien, ont été lus en classe. J’y expérimente ici les prémices de mon expressionnisme surréaliste dans un travail sur la phrase-mot. Le tout est un peu éthéré mais annonce le combat important pour moi contre l’opium des rêves et pour un réalisme idéal.



Bonne lecture !

Une vie de rêve...


A ma prof de français,

malgré elle, malgré moi…








Douceur. Elle repousse ses draps de soie.

Chaleur. Un rai de soleil caresse sa joue.

Océane s’étire voluptueusement et bâille. Elle sourit. Que la nuit avait été agréable ! Comme le serait la suivante !

Pierre. Quelle chance elle avait eue de le rencontrer ! Si tendre, si calme. Comme elle se sentait bien, blottie dans ses bras ! Ce soir. Elle le reverrait ce soir. Plus qu’une journée. Une éternité.

Elle sourit de nouveau et soupira. C’était l’heure de se lever. Elle n’avait pas à se plaindre : sa garde ne commençait qu’à onze heures. Il était déjà dix heures. Elle devait se dépêcher. Ses patients n’attendraient pas. Et ses collègues non plus pour le traditionnel café du matin.

Elle s’assit sur le bord du lit.

Froid. Ses pieds nus sur le carrelage finirent de l’éveiller.

Elle marcha jusqu’à la salle de bain.

Froid. L’eau sur son visage lui rappela la fuite dans le toit de sa maison. Le couvreur viendrait demain, comme prévu.

Elle s’essuya et...


***

Peur. Que se passait-il ? Où était-elle ?

Soupir. Il faudrait vraiment faire quelque chose. La sonnerie de son réveil était décidément trop stridente. Elle la réveillait toujours en sursaut.

Silence. Elle avait coupé cette horrible sirène.

Elle rejeta ses couvertures et se leva.


Elle prit rapidement sa douche et avala un bol de café brûlant. Elle s’habilla à la hâte. Il était sept heures et elle commençait à huit heures et demie. Il lui fallait bien une heure de transports en commun pour arriver près de son lieu de travail, et encore une dizaine de minutes de marche jusqu’au supermarché où elle ouvrait l’une des premières caisses. Elle n’avait pas de temps à perdre et sortit dans la rue, claquant la porte derrière elle.


Elle courut pour rattraper l’autobus qui commençait à partir et s’assit, haletante, sur un coin de siège. Là, enfin au calme, ou du moins avec un peu de temps à elle, Océane songea à son rêve. Ils étaient véritablement de plus en plus réalistes. Depuis quelques temps déjà, chaque nuit, elle prenait le contrôle et vivait une vie qu’elle aurait voulue vraie. Mais elle savait que ce n’était qu’illusions et se consolait en pensant que ces utopies avaient du moins le mérite de lui passer le temps.


Et c’est ainsi que les journées de cette jeune femme de vingt-quatre ans s’écoulaient, toutes pareilles les unes aux autres, toutes faites d’ennui et de petites déceptions, toutes la même journée, sombre et monotone.


***

Océane se serait bien vue en infirmière. Malgré l’amertume que lui laissait le souvenir de ses doux songes, elle ne pouvait s’empêcher de s’y attarder, ce qui, finalement, l’occupait durant toutes ses semaines, toutes ses années passées en solitaire au milieu de la foule. Après tout, pourquoi brider son esprit, alors même que sa seule activité consistait à sourire au flot des clients qui se pressait devant sa caisse à longueur de temps, cette masse de gens que l’on saluait sans relâche et qui croyait bienvenu de lui faire la remarque qu’il y avait, en effet, beaucoup de monde ? Elle profitait donc de cette relative liberté de penser que lui conférait son ennuyeux emploi de la seule façon dont elle pouvait le faire : en ressassant ses idées noires, ou bien en se remémorant ses rêves, ce qui était, somme toute, ce qu’il y avait de mieux.


Des idées noires à ressasser, elle en avait tant... Elle n’avait pas échappé au schéma type : à sa naissance, son père était parti et sa mère ne s’était pas trouvée d’autre homme ; Océane avait arrêté ses études dès qu’elle l’avait pu, geste qu’elle regrettait d’ailleurs, bien qu’elle sût qu’elle était, de toute façon, en échec complet ; sa mère, déjà fragile de santé et usée par le travail, était tombée malade à peu près à cette période, contraignant sa fille à assumer les dépenses de famille, ce qu’elle avait effectivement fait, en trouvant cet emploi de caissière ; la mourante s’était douloureusement traînée encore deux ans dans la maison avant de décéder, quelques jours après qu’Océane fût arrivée à sa majorité. Océane avait gardé la maison, pris un crédit pour enterrer sa mère et commencé à faire des heures supplémentaires afin de pouvoir payer ses échéances et survivre, sinon vivre suffisamment bien. Ainsi, elle travaillait depuis près de huit ans dans ce supermarché, broyant du noir à observer les marées humaines déferler contre sa caisse.


Ces récents rêves étaient la meilleure chose qui lui était arrivée depuis aussi longtemps qu’elle pouvait se souvenir. Ils la distrayaient. Ils lui donnaient de l’espoir. Ils la faisaient vivre. Son hôpital, ses collègues, tout ce monde imaginaire agissait sur elle comme un remontant. Et Pierre... Et Pierre, ce mystérieux amant qui était apparu il y avait quelques nuits de cela et qu’elle devait revoir ce soir. Elle désespérait qu’un jour ses rêves s’accomplissent, qu’elle ait enfin quelqu’un qui l’aime. En fait, elle rêvait d’une vie comme en avaient toutes les femme : normale, simple, rythmée de petits plaisirs et de grandes rencontres.


Océane se trouvait laide, bien que ce ne soit pas le cas. Elle était de taille moyenne, des cheveux châtain foncé, un visage quelque peu hâlé, des formes charnues sans faire d’elle une femme grosse. Elle passait juste inaperçue, enfermée dans sa timidité et dans sa discrétion. De plus, se trouvant laide, elle ne se mettait pas en valeur et s’isolait dans un cocon de vêtements sombres et amples.


***

Les semaines s’étiraient ainsi, partagées entre la déprime et l’espoir que lui donnaient ses rêves.


Au fil des années, son travail était devenu mécanique ; aussi pouvait-elle concentrer toute son attention sur la nouvelle vie qu’elle s’inventait. Elle peuplait son monde d’amis, de parents, de connaissances, elle construisait ses villes, créait ses jardins, aménageait la maison qu’elle s’était bâtie... Elle n’avait pas trop de toutes ses journées et de toutes ses nuits, tant le labeur était grand. Aussi la voyait-on tout le temps perdue dans ses pensées, qu’elle marche ou travaille, marmonnant même parfois les dialogues qu’elle avait avec ses fréquentations imaginaires.



Elle était donc infirmière dans un grand hôpital, à la maternité, passant ses journées à discuter avec ses collègues, ses patientes et leur famille, à dorloter les nouveau-nés. Elle s’était inventée un nouveau corps, à l’image de ce qu’elle aurait voulu être : grande, svelte, blonde, pulpeuse ; bref : la femme au physique idéal. Elle avait une belle petite maison avec un modeste jardin fleuri, garni d’une grande et grasse pelouse. Avec Pierre, il s’était avéré qu’elle avait fait le bon choix. Il gagnait bien sa vie grâce à son métier d’agent immobilier, était assez présent, tendre, gentil, passionné, amoureux, drôle, intelligent... En somme : merveilleux. Ils vivaient à présent ensemble et formaient un beau couple. Ils avaient déjà songé à des enfants et fixé une date pour le mariage : les deux projets étaient en marche. Chaque vendredi soir, avec ses amies, Océane passait une soirée entre filles durant laquelle elles parlaient du bon vieux temps, de leurs premières conquêtes, de leurs années d’études ensemble, de leurs projets, d’elles, jouant, riant... Pour ces occasions, Océane s’était également inventée un passé heureux, dans lequel elle avait encore ses parents qu’elle allait régulièrement voir, un passé scolaire rempli et satisfaisant, une sœur et un frère plus âgés qui étaient partis faire leur vie à quelques dizaines de kilomètres de chez elle et qu’elle revoyait lors des fêtes de famille... Tout ce qu’elle aurait voulu avoir dans sa vie réelle, elle se l’était donné en consolation.


Quelques mois plus tard, mariés, Océane et Pierre eurent leur premier enfant et toute la famille et les amis se réunirent pour saluer l’heureux évènement. Ils appelèrent leur fils Éric et préparèrent sa chambre tous les deux. Ils choisirent la couleur des murs ensemble, les meubles, les jouets, passant de superbes journées à se chamailler et à se promener, poussant l’enfant dans son landau. Le petit eut bientôt une petite sœur, du nom d’Amandine, pour laquelle ils aménagèrent la dernière pièce libre de la maison. Leur foyer résonnait de pleurs, puis de cris, puis de rires et, enfin, de bruits de courses précipitées lorsque les enfants furent en âge de marcher. Tout n’était que joie, bonheur et gaieté.



Un soir qu’elle rentrait du supermarché, exténuée et plongée dans ses pensées, ayant manqué son bus et commençant le chemin de retour à pieds, le regard tourné vers les étoiles, Océane remarqua des enfants qui jouaient dans la rue. Elle songea que leurs parents n’étaient pas prudents de les laisser dehors si tard et se promit de mieux éduquer ses enfants. Elle tourna le coin de la rue pour parvenir à l’arrêt d’autobus qu’elle visait. Ce faisant, elle remarqua que le chauffeur avait fait vite et qu’il avait déjà amené son véhicule et était sur le point de poursuivre son circuit. Aussi pressa-t-elle le pas pour traverser. Courant, elle allait arriver sur le trottoir quand, venue de nulle part, une voiture la percuta de plein fouet et s’enfuit dans la nuit.

Crissement de pneus.

Peur.

Douleur.

Vertige.

Noir.


***


Noir. Toute cette obscurité étouffait Océane.

Peur. Elle ne pouvait plus respirer. Elle criait. Elle se débattait. Quelqu’un essayait de l’attraper. Elle hurlait et essayait de repousser son invisible assaillant. Elle luttait de toutes ses forces quand une main lui cingla le visage. Elle ouvrit les yeux, affolée. Pierre était penché sur elle et la regardait, inquiet. Il s’excusa de l’avoir giflée, mais il ne parvenait pas à la sortir de son cauchemar en la secouant et, de plus, elle s’agitait et essayait de le frapper, criant. Océane se calma et se blottit dans les bras de son mari. Elle finit par s’endormir.


Océane et Pierre applaudirent leurs enfants jusqu’à en avoir mal aux mains. Ils étaient fiers de leur progéniture. C’était le premier spectacle que les petits faisaient à l’école. Éric, avec ses quatre ans et demi, et Amandine, d’un an sa cadette, étaient déguisés en animaux sauvages pour une représentation simplifiée et personnalisée du “Livre de la jungle”, rugissant et barrissant en cœur avec leurs petits camarades. Après le spectacle, pour récompenser les efforts des deux frères et sœurs, les parents les emmenèrent à la fête foraine la plus proche où ils passèrent une bonne journée à s’amuser et à se gaver de sucreries. Au soir, épuisée, la famille se coucha bien vite, les enfants s’endormant à peine la tête touchant leur oreiller, Océane et Pierre savourant cet instant de calme et de bonheur propre à ce genre de jours.


Pour ses cinq ans, Éric voulut un chien à lui. Ses parents n’étaient pas particulièrement enthousiastes mais, comme il ne faisait pas plus de bêtises que les autres enfants de son âge, Océane et Pierre cédèrent, dans cette même faiblesse qu’ont souvent les parents envers leurs enfants qu’ils aiment et à qui ils ne peuvent rien refuser. Ils allèrent donc au chenil de la ville et y passèrent bien deux heures. Éric et sa sœur couraient de cage en cage, interpellés par les couinements de joie et d’espoir de tous ces chiens qui désespéraient qu’on les aime. Finalement, Éric se laissa convaincre par un petit fox-terrier qui courait en rond dans sa cage et faisait des roulades pour éveiller l’intérêt du jeune garçon chaque fois qu’il s’approchait. La petite sœur, quant à elle, sut si bien jouer sur l’attendrissement de ses parents en ce moment d’émotion qu’elle réussit à leur faire accepter un autre tout petit chien qui tenait un peu du Yorkshire et du teckel. Éric décida d’appeler son chien Brigand à cause de la tache blanche qu’il avait autour de l’œil gauche et qui contrastait avec la robe marron clair du petit mâle, tandis qu’Amandine penchait pour Blanche Neige, à cause de son héroïne préférée, et aussi parce que la petite chienne était toute blanche, avec seulement une tache noire sur la patte avant droite et sur l’extrémité de sa queue.


Ce que préférait Océane, de toute l’année, c’était le repas de famille de Noël. Toute la famille se réunissait, ses parents, son frère, sa sœur et leurs familles, en somme, tout un petit monde qui animait cette soirée, magique entre toutes, de rires, de discussions, d’anecdotes... Elle adorait le moment où tous ses enfants et neveux regardaient son oncle, veuf sans enfants d’une quarantaine d’année, déguisé en Père Noël, étaler devant leurs yeux émerveillés tous leurs cadeaux. Tous les cris de joie que poussaient les enfants en découvrant tous leurs présents mettaient du baume au cœur d’Océane et des autres membres de sa tribu. Cette soirée était décidément sa préférée.


Depuis quelques temps, Océane ne faisait plus ce mauvais rêve dans lequel tout allait mal. Dans cet horrible rêve, qui lui semblait quelque peu familier, elle n’avait pas de famille, pas d’amis, une maison délabrée, un emploi de caissière... Elle avait heureusement, grâce à son mari qui l’avait aidée à oublier ces cauchemars insensés, tiré un trait sur le malheur qui guettait son sommeil, pour se consacrer entièrement au bonheur de son foyer. Désormais, elle ne se souvenait plus de ces mauvaises nuits où elle s’éveillait en nage auprès de Pierre, qui était toujours là pour la réconforter. Elle avait tout enfoui dans sa tête et croquait la vie à pleines dents.


Amandine pleura beaucoup lorsque sa chienne, Blanche Neige, se fit écraser par une voiture. Heureusement, à l’âge de six ans, les enfants oublient vite, et elle redevint la joyeuse et souriante petite fille qu’elle avait toujours été. Éric, quant à lui, se lassa de son Brigand et, à neuf ans, entouré de ses copains, il ne pleura pas la mort de son chien, trop vieux pour pouvoir suivre son maître plus loin.


Les deux enfants faisaient la fierté de leurs parents car, même s’ils avaient leurs propres amis, ils s’entendaient si bien qu’ils se quittaient rarement. Et c’est ensemble, adolescents, qu’ils donnèrent leur première surprise-partie dans le dos de leurs parents partis en seconde lune de miel pour fêter leur remariage. En effet, pour le quinzième anniversaire de leur mariage, Pierre avait redemandé la main d’Océane, à la faveur d’un dîner aux chandelles. Elle avait accepté, les yeux chargés d’émotion.


Un matin où elle était seule dans la maison, elle se sentit attirée par la porte de la cave. Elle posa la main sur la poignée et eut un frisson de frayeur. Elle ne voulait pas ouvrir la porte. Elle savait qu’elle ne devait pas ouvrir la porte. Elle aurait voulu faire demi-tour mais elle se rapprocha encore, comme tirée par des bras invisibles. Elle voulut crier, mais sa gorge était nouée. Elle aurait voulu fermer cette porte à clef, mais elle tourna la poignée.

Noir.

Chute.

Peur.

Vertige.

Brûlure.


***

Brûlure. La lumière aveuglante lui brûlait les yeux.

Peur. Elle ne savait pas où elle était.

Confusion. Elle se rappelait juste avoir ouvert la porte de sa cave.

Soif. Elle voulait parler mais avait la gorge asséchée. Elle demanda faiblement à boire, ayant peine à remuer ses lèvres ankylosées.

Une ombre s’approcha furtivement et elle sentit quelques gouttes de liquide glisser entre ses lèvres, alors qu’on venait de la soulever un peu. Elle avala de travers. Elle toussa.

Vertiges.

Noir.



Blanc. Les murs de sa chambre étaient d’une blancheur éclatante qui lui faisait mal aux yeux. Elle laissa tomber ses paupières.

Confusion. Cela faisait quelques minutes qu’elle était revenue à elle et elle avait essayé de réfléchir un peu. Que lui était-il arrivé ? Elle devait être tombée dans l’escalier de la cave et Pierre l’avait trouvée et amenée à l’hôpital, voila tout. Mais où était-il ? Elle l’appela, mais seule une infirmière vint à elle et lui conseilla de dormir, lui disant qu’elle était fatiguée.

Elle lui répondit qu’elle se trompait.

Quelques minutes plus tard, Océane s’endormit.



Lorsqu’elle eut la force de se lever et de marcher, inquiète de ne voir personne de sa famille, elle demanda à voir son médecin pour avoir des explications.

Une vieille infirmière à l’air sévère lui répondit que le docteur n’avait pas le temps. Océane demanda à son interlocutrice si elle était nouvelle, car elle ne l’avait jamais vue dans l’hôpital. Celle-ci lui répondit méchamment qu’elle travaillait ici bien avant qu’elle soit née, mais qu’elle l’excusait de cette question stupide du fait de sa confusion légitime.

Devant l’air interrogateur de sa patiente, l’infirmière s’adoucit et comprit qu’Océane n’avait toujours pas été mise au courant de ce qui lui était arrivé. Elle lui expliqua donc qu’elle était restée inanimée pendant plus de deux semaines.

Ce fut un choc pour Océane qui dit à l’autre que c’était impossible, qu’elle était simplement tombée dans la cave. Devant la panique croissante de la jeune fille, l’infirmière lui administra des calmants et la recoucha.

Océane s’endormit.


Quand elle s’éveilla, un homme en blouse de docteur et aux cheveux gris était à son chevet, absorbé dans la contemplation de ses dossiers. La voyant consciente, il lui sourit et vint s’asseoir près d’elle sur le bord du lit. Un peu rassurée par le visage jovial de l’homme, elle se détendit et le salua. Il lui répéta ce que lui avait dit l’infirmière, qu’elle était restée dans le coma près de seize jours et qu’ils commençaient à perdre espoir. Océane, un peu ébranlée mais déjà préparée au choc par la vieille femme qui l’avait mise au courant, resta calme et demanda à voir son mari et ses enfants. Le médecin la regarda, surpris. Océane, soudain mal à l’aise, lui demanda s’il y avait un problème. Il lui dit que c’était normal qu’elle soit confuse et qu’il ne fallait pas qu’elle s’inquiète. Il lui dit gentiment qu’elle n’était pas mariée et n’avait pas d’enfant. Hébétée, perdue, Océane écoutait le médecin détruire sa vie avec toute la bonté du monde et lui raconter ce qu’il savait d’elle.

Océane comprit.

Elle attendit que le docteur soit parti.

Elle se leva doucement et enfila sa chemise de nuit.

Elle sortit de la chambre.

Elle marcha dans le couloir.

Elle monta dans l’ascenseur.

Au dernier étage, elle monta les quelques marches qui conduisaient au toit de l’hôpital.

Elle s’approcha de la corniche.

Calme. Le flot tortueux de ses pensées s’était arrêté.

Vide. Elle n’était plus qu’une enveloppe vide, un corps sans vie.

Un pas.

Chute.

Vertige.

Bien-être.

Néant.

Elle avait vingt-quatre ans...

Fin.






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