Théâtre - Tout en scène !

Mis à jour : janv 5


Le théâtre est l'un des arts les plus anciens, et on retrouve les traces de lieux qui lui sont dédiés jusque dans l'Antiquité profonde. Héritier de cérémonies religieuses par lesquelles on éduquait les fidèles pour faire société, le théâtre en a conservé un mode de fonctionnement spectaculaire, social et sacré.

Montrer le vrai par le faux.

Le théâtre, comme son étymologie grecque l'inscrit dès l'origine, vise à montrer. Pas à expliquer, pas à raconter, pas à commenter, mais à montrer. Un dramaturge n'écrit donc pas un texte, mais crée des moments de vie à observer. Les buts sont multiples et convoquent à volonté les ressources de l'argumentation, de la poésie et de la narration.


Traditionnellement, la comédie montre des caricatures dont on va se moquer et ainsi grâce auxquelles on comprendra comment ne pas se comporter pour être meilleur ; la tragédie, elle, montre des héros faisant de mauvais choix et subissant une fin atroce méritée pour nous faire comprendre par la terreur qu'il faut être exemplaire face aux dilemmes de l'existence.


Les romantiques du XIXème siècle ont ajouté une troisième option entre ces deux branches excessives : le drame, qui vise à représenter un homme complexe tiraillé entre ses idéaux et ses instincts, et à en tirer de l'émotion, du sublime et de la réflexion sur le réel pour être meilleur.


Bien évidemment, de chaque branche est née une multitude de ramifications vers les autres branches pour permettre l'éclosion d'une infinité de nuances dont, toujours, le point commun est de montrer sur scène.


Il y a bien eu quelques malins pour écrire des pièces injouables et à lire, mais on était surtout limité par les moyens techniques, ce que le cinéma à solutionné.


L'écriture théâtrale est donc essentiellement un travail sur papier de metteur en scène pour les didascalies, et de narrateur pour les dialogues : en effet, là aussi, les paroles doivent traduire la pensée de personnages cohérents (vous pouvez à cet égard jeter un œil sur mes saynètes Chut(e(s)) !) ou La Bûche de Noël).


Néanmoins, dans nos sociétés dominées par l'image, l'écriture théâtrale ou cinématographique a l'avantage de nourrir notre posture d'auteur en nous incitant à nous placer en posture de réception, comme le lecteur, et à penser l'image presque avant le mot, ce qui aide à concevoir une action logique dans l'espace et le temps.


Enfin, le théâtre est déchiré par deux écoles : celle d'Aristote, fondée sur le plaisir de reconnaître le réel et donc la nécessité de vraisemblance, et celle de Brecht, engagée, visant à briser l'illusion de réel afin de sortir le spectateur de la passivité et le forcer à s'emparer du sens. Ces deux écoles ont évidemment essaimé dans d'autres genres où le narrateur ou bien le poète, par exemple, se sont mis à briser eux aussi le quatrième mur pour mieux interpeller et impliquer le lecteur. Si l'expérience est déroutante, rafraîchissante, elle nuit toutefois à la qualité de l'immersion du lecteur dans le texte, puisqu'elle met en évidence l'artificialité de la fiction. A utiliser, donc, à bon escient. Petite expérimentation personnelle avec Oh ! Et puis merde !.


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