Les genres littéraires : des modèles à connaître pour mieux les trahir !

Mis à jour : janv. 5

On ne crée pas à partir de rien : la culture nous donne des ailes !

Un panorama de tout ce dont il faut connaître l'existence pour libérer et enrichir son écriture !


I - Comprendre l'acte d'écrire !


I - Ecrire - Entre prétention et humilité...


II - Ecrire - Le pourquoi du comment : entre arrogance et pathétique...


III - Ecrire - Le comment du pourquoi : entre choix et soumission...


II - Genre ! - Comprendre les formes littéraires


I - Le genre : une précieuse inutilité !


II - L'argumentation : le nerf de la plume.


III - La poésie : la rigueur de la liberté !


IV - Le narratif : un conteur dans la nuit.

A. Le récit et ses outils.

a. Le schéma narratif et le schéma actantiel.

b. Les points de vue narratifs (ou focalisations).

c. Les vitesses du récit.

d. Les paroles rapportées et le dialogue.

B. La description : la mal comprise, la mal aimée.

a. Réussir sa description : bien percevoir pour mieux faire ressentir.

b. Organiser sa description : diriger le regard et la compréhension.


V - Le théâtre : un genre à part.


VI - Concluons avec cette question du genre.





I - Comprendre l'acte d'écrire !


I - Ecrire - Entre prétention et humilité...


Écrire est une activité exponentielle : plus on écrit, plus on écrit et, surtout, mieux on écrit (je vous renvoie à la préface de mon recueil de poèmes Aube et crépuscules).


Lorsqu'on écrit, on choisit des mots, des idées ; on crée des personnages, des lieux, des situations, des images ; on suscite des réflexions, des émotions. Et on découvre d'autres portes, d'autres chemins, qui ne peuvent pas tous être choisis dans un même texte. Lorsqu'on écrit, on se donne des envies et des idées pour d'autres écrits (je vous renvoie à ma nouvelle Guerre Lasse, dans mon recueil de nouvelles Apocalypses).


On n'en finit jamais d'écrire, d'explorer, d'imaginer, de progresser. Moi, ça fait plus de 20 ans que j'écris, explore et progresse. Je ne suis pas au bout de ma route, et ne l'atteindrai jamais, mais j'ai un peu d'avance sur certains d'entre vous et c'est cette avance que je veux partager et mettre à votre disposition - c'est l'esprit de mon recueil de poèmes Aubes et Crépuscules comme de mon recueil de Nouvelles de mon adolescence : montrer le parcours accompli par l'écriture de pas grand chose à bien mieux (vous remarquerez au passage que mes œuvres touchent à tous les genres, justement dans cette volonté d'explorer et de m'enrichir de nouvelles expériences).


Évidemment, on ne progresse pas aussi bien de l'expérience des autres que de la sienne, mais ça peut aider. En tout cas, ça enrichit et fait avancer : on gagne en expérience avec chaque texte, chaque création que l'on mène à terme ! Alors accrochez-vous, testez, explorez ! C'est ce que je fais et ne regrette jamais, comme avec mon exploration de l'application Tap dans mon recueil Et si on jouait à Tap-Tap ? , ou celle de la plateforme Inklewriter dans mon recueil Et si Dieu c'était vous ?, ou encore mes essais de BD avec Les Mosquitas de l'extrême ou de théâtre avec Chut(e(s)) !) ou La Bûche de Noël - ou même avec mon exploration des potentialités de l'audio avec Une bouteille en Enfer et Dernier message ou les chansons de mon recueil D'homme à Homme.


P. S. : Petit conseil dont vous ferez ce que vous voudrez, je vous recommande de ne pas commencer dans l'écriture par le roman. En effet, chaque première expérimentation entraîne son lot d'erreurs et de maladresses qui rendent les premières créations décevantes. C'est normal et ce sont ces tentatives ratées qui font progresser. Or, si le texte est court, vous êtes rapidement satisfait de l'avoir achevé et, si vous êtes déçu, vous êtes vite reparti vers de nouveaux projets. Quand on s'engage dans un roman sans expérience de l'écriture, on cumule toutes les erreurs sur un même texte que l'on va traîner avec frustration, amertume, colère et tristesse pendant très longtemps - ce qui est aggravé par le fait que nous évoluons tous à chaque instant ; plus on est long à écrire et plus on a évolué entre le début et la fin du projet... Le roman, ce sont les sables mouvants de l'écrivant amateur. Préférez-lui les plages dorées du texte court !


II - Ecrire - Le pourquoi du comment : entre arrogance et pathétique...


Il y a des tas de raisons d'écrire qui ramènent toutes à un même principe : exister.


Écrire, c'est extérioriser ce qui est en nous pour que d'autres y aient accès, participer, en étant lu, à l'identité d'autrui (principe de l'autobiographique qu'on retrouve dans ma nouvelle Effets de modes dans mon recueil de nouvelles Apocalypses ou mes poèmes inspirés de ma vie dans mon recueil Aubes et Crépuscules).


Écrire, c'est donc exister aux yeux du monde, faire société.


Bien sûr, il faut une certaine forme de prétention et d'exhibitionnisme pour écrire, car l'acte d'écrire crie au monde qu'on s'estime digne d'intérêt, qu'on a quelque chose à proposer qui mérite d'être connu, reconnu (vous en avez un bel exemple dans le présent ouvrage que vous honorez de votre lecture. Hum.) Mais, après tout, si nous sommes tous semblables par notre nature d'humain qui rend chacune de nos expériences universelle, nous sommes aussi tous singuliers, façonnés que nous sommes par nos parcours particuliers : deux bonnes raisons, donc, de s'estimer intéressant.


Parfois, cette prétention vient d'une impérieuse nécessité d'être reconnu comme individu en vie dans la masse anonyme et déshumanisée de nos sociétés : être lu, être vu pour se sentir vivre. C'est un sentiment grisant que d'être lu, apprécié pour ce qu'on a créé ! Et cela peut vite devenir une drogue, une dépendance qui peut nous pousser à être prolixe, à nous répandre sans discernement et, en nous diluant, à nous perdre nous-mêmes en n'ayant plus rien à apporter aux autres, qui se lassent et se détournent de nous, nous laissant retomber dans la solitude, l'anonymat, la mort (j'espère n'en être pas là mais vous avez ici une évocation pathologique de ce que sont souvent pour moi les réseaux sociaux, thème récurrent dans mes textes).


D'autres fois, ce sont nos mondes intérieurs qui deviennent trop grands pour nous et il devient vital d'y accueillir des lecteurs pour habiter ces univers imaginaires de leurs commentaires et émotions afin de ne pas s'y isoler et dépérir (c'est par exemple le cas pour mes romans Le Miroir du Temps, Échecs et mat ou Puzzled).


En d'autres occasions encore, c'est le besoin, le désir d'influer sur le monde qui nous pousse à prendre la plume afin d'agir depuis l'abri de notre écran, de notre feuille, à peu de frais en somme, afin de se sentir citoyen et acteur du monde (référence à mes textes engagés : L'actualité rongée par les vers, Journal d'un militant, mes essais du recueil Cogito ergo boum ! mon objet sonore Une bouteille en enfer et à mon engagement dans tous mes textes).


Généralement, l'écrivant est tout cela à la fois : enfant en mal d'amour, Dieu créateur peuplant sa création et messie venu guider le monde.


Enfin, si on est si nombreux à aimer écrire, au-delà du plaisir d'ego d'avoir une existence aux yeux des autres, c'est surtout parce que ça fait du bien. Écrire est une activité de psychanalyse : on ne crée jamais à partir de rien mais à partir de ce qui nous constitue, de notre passif familial à notre expérience de la vie, en passant par notre culture et nos idéaux. Écrire, c'est brasser tout ce qui nous compose et le réordonner pour donner du sens à notre existence. On vit les vies de tous ses personnages, qui revivent notre vie différemment. Écrire, c'est être mille humanités en un seul esprit, c'est se démultiplier par des incarnations fictives pour mieux se comprendre et devenir. La fiction est une part de la réalité de celui qui l'accouche comme de celui qui s'y plonge.


Bref : écrire, c'est le total kif !



III - Ecrire - Le comment du pourquoi : entre choix et soumission...


Comme je l'ai dit plus haut, on écrit à partir de ce qui nous constitue. Il suffit donc d'avoir un peu vécu, de ressentir, pour avoir des raisons d'écrire et des choses intéressantes à partager.


Mais - il y a forcément un mais ! - on écrit... à l'écrit ! Du coup, fatalement, il y a des outils dont il faut posséder un minimum la maîtrise pour être lisible : la langue, bien sûr, avec ses règles innombrables qui vous font faire des cauchemars quand vous y repensez (orthographe, conjugaison, grammaire, vocabulaire), mais également des stratégies de communication qui vous rendent plus ou moins efficace. Nous parlerons de ces outils plus loin.


Ces outils s'accumulent tout au long de la vie et plus vous en avez à votre disposition et mieux vous bricolerez de bons textes. Hélas ! - et c'est là que le bât blesse... - nous n'avons pas tous le même bagage culturel suivant notre âge, bien sûr, mais surtout suivant notre origine sociale.


En effet, une bonne partie de notre capacité à accepter les savoirs de l'école provient du vocabulaire transmis par les parents dans la petite enfance et des attitudes familiales vis-à-vis du monde et de la culture. L'école étant égalitaire, elle peine à réduire cette inégalité de départ et perpétue en bonne part les injustices sociales. C'est cependant un handicap, pas une fatalité. Quiconque veut écrire peut se former : la motivation et l'effort sont les seuls facteurs de la réussite. Pour prolonger cette réflexion sur l'hérédité sociale, vous pouvez vous tourner vers les grands sociologues de sa théorisation : Pierre Bourdieu et Raymond Boudon.


Moi, je refuse toute forme de fatalisme, ce prétexte à la résignation, cette excuse de la paresse. Il faut prendre conscience de ses lacunes puis travailler à les combler. C'est le parcours que je vais vous proposer.


Alors bonne lecture et bienvenue dans le monde de l'écriture !






II - Genre ! - Comprendre les formes littéraires


I - Le genre : une précieuse inutilité !


Écrire, c'est donner une forme à sa pensée. Or, s'il est certain qu'on n'invente rien puisqu'à 7 milliards de vivants et une infinité d'ancêtres il serait présomptueux de le croire, chaque pensée est singulière du fait que chaque parcours humain est unique à cause de l'infinie variété des accidents de la vie qui peuvent se rencontrer. Mais nous formons avec les autres membres de notre communauté une espèce avec ses points communs qui font que chaque pensée est aussi universelle et intéressante pour chacun. Bref, en arts comme dans la vie, des constantes et de la variation.


Ces constantes dans l'écriture, vous les connaissez : ce sont les genres. On vous a appris à les distinguer l'un de l'autre, mais ces genres ne sont que des compromis, des étiquettes qui aident à reconnaître les textes, à les caractériser : ils cherchent à rendre la littérature quantifiable. Mais un texte, parce qu'il est le reflet d'une pensée singulière et universelle, emprunte souvent à plusieurs genres à la fois, souvent simultanément.


Connaître les genres n'est donc pas une fin en soi. En revanche, approcher l'écriture par les genres permet d'en comprendre les buts et les outils afin de mieux comprendre ce qu'on fait et ce qu'il serait possible de réaliser. C'est pourquoi je vous encourage à tester comme moi toutes les potentialités de l'écriture pour vous enrichir et progresser !





II - L'argumentation : le nerf de la plume (cliquer pour lire).






III - La poésie : la rigueur de la liberté !






IV - Le narratif : un conteur dans la nuit.






V - Le théâtre : un genre à part.






VI - Concluons avec cette question du genre.


On peut écrire un poème narratif, une description poétique, un récit argumentatif, une argumentation poétique, un poème théâtral... Il n'est de limite à la création que l'imagination et l'audace des humains ! Alors lâchez-vous et, surtout, multipliez les essais pour apprendre de vos expériences ratées ou satisfaisantes et ainsi équiper votre arsenal de tous les outils possibles afin de conquérir votre liberté d'auteur.


J'ai conscience d'avoir laissé de côté un paquet de notions théoriques mais j'estime qu'elles sont secondaires et pourront être discutées en commentaires. Je voulais surtout ici faire un tour d'horizon des pistes et écueils lorsqu'on débute dans l'écriture.


A vous de jouer !




P.S. : Tous ces articles sont le fruit de mon expérience, de ma réflexion et de ma volonté de vous aider dans vos projets. N'hésitez pas à voter, questionner, amender, compléter ou critiquer pour enrichir les contenus et me faire savoir si mon travail vous est utile et comment il peut l'être davantage !

A très bientôt !


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