Éditoquizz

Bien choisir sa maison d'édition

Quand on écrit, il vient toujours un moment où la question de se faire lire arrive.

C'est un moment important durant lequel nos proches sont rarement bien placés pour nous accompagner. Il existe de nombreux groupes dédiés à l'entrelecture sur les réseaux sociaux et beaucoup de sites collaboratifs qui sont un bon moyen de tester l'effet de son texte sur de vrais lecteurs, d'obtenir des conseils et des avis. Au cours de cette étape, il faut savoir se remettre en question sans non plus s'effondrer face aux critiques. N'hésitez pas à creuser ces aspects dans
l'article 7 de mon guide d'écriture, consacré à la correction.

Puis vient la grande question de l'édition du texte, de sa publication définitive, de sa mise à disposition d'un public plus large.

Deux options se présentent alors :

 


1. se faire éditer par une maison d'édition

ou

2. s'autoéditer

 


On dit beaucoup de choses sur ces deux options, mais, ce qu'il faut retenir, c'est que les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients, et qu'il n'y a pas une voie qui serait par essence meilleure que l'autre. Dans les deux cas, il faut être vigilant et peser les bénéfices et les contraintes.

Si vous souhaitez conserver l'entièreté des droits d'auteur et bénéfices sur la vente comme le contrôle du texte et de sa mise en page ou de sa diffusion, c'est évidemment l'autoédition qu'il vous faut. Certes, vous prendrez le risque financier (a minima le paiement du correcteur pour le texte et du graphiste pour la couverture), et cela vous demandera énormément de temps pour finaliser le texte et le promouvoir, mais vous conserverez la totale jouissance de votre manuscrit et des bénéfices de sa vente. Sans compter la fierté et l'enrichissement d'avoir maîtrisé l'ensemble du processus. N'hésitez pas à consulter
l'article 5 de mon guide d'écriture pour plus de conseils et réflexions sur les aspects de postproduction de votre texte.

En revanche, si vous souhaitez être épaulé, pris en charge, quitte à céder une partie de vos droits, alors c'est la maison d'édition qu'il vous faut choisir. Mais il y a comme partout du bon et du mauvais. Tout comme on trouve des correcteurs et graphistes géniaux ou incompétents, il en est de même dans l'édition.

Voici quelques points sur lesquels il est important d'être vigilant afin d'éviter les désillusions et les pièges...

 

1 - Comment la maison d'édition vous a-t-elle abordé(e) ?

a. Un courrier élogieux envers vous et votre texte avant même que vous lui ayez adressé votre manuscrit.

b. Un courrier rapide (moins de deux mois) et élogieux envers vous et votre texte.

c. Un courrier lent (plus de deux mois) et circonstancié après que vous avez envoyé votre texte.

Une ME qui fait du bon travail est destinataire chaque jour de dizaines de manuscrits qui s'accumulent dans les listes d'attente des membres de ses comités de lecture. Il y a donc nécessairement des délais d'attente. Le plus souvent, les retours positifs s'assortissent d'appels à discuter certains aspects du texte, à les retravailler. Dans la majorité des cas, ce sont des lettres de refus, car les ME privilégient les œuvres qui ont le meilleur potentiel commercial et le moins de corrections nécessaires.

Si la ME prend contact spontanément avec vous, c'est qu'elle manque de textes et n'est donc pas suffisamment reconnue comme valable. Si elle vous répond vite, c'est qu'elle ne vous a pas lu(e). Son intérêt est donc de flatter votre ego, de caresser vos rêves dans le sens du poil pour vous faire signer et payer ses services, souvent insuffisants pour espérer vendre votre livre.

2 - La maison d'édition vous demande-t-elle une participation aux frais ?

 

a. Elle me propose d'éditer à ses frais si je paie la correction et la couverture (ou bien si je les fais moi-même).

b. Elle me propose d'éditer à ses frais contre la promesse d'achat d'une certaines quantité d'exemplaires.

c. Elle me propose d'éditer à ses fais et fait réaliser la correction et la couverture par des professionnels qu'elle rémunère et choisit elle-même.

Une vraie maison d'édition sait vendre et sait ce qui se vend. Elle investit dans votre livre avec la certitude de se rembourser par les ventes. C'est une garantie de son sérieux et de sa compétence.

Une maison d'édition qui vous demande d'assumer tout ou partie des risques financiers ne saura pas vendre votre livre et se contentera de faire ses bénéfices sur votre investissement personnel. Vous vous priverez alors de votre argent et de vos droits d'auteur pour finir avec votre manuscrit dans une impasse.

3 - Qu'est-ce que le site internet de la maison d'édition met en avant ?

a. Des appels à textes pour qu'on leur envoie des manuscrits à publier.

b. Des présentations de leurs livres proposés à l'achat.

Si la ME fait des efforts pour promouvoir l'achat des livres qu'elle publie, c'est que ses clients sont les lecteurs et qu'elle cherche à vendre vos livres. C'est un gage de bonne volonté de la ME.

Si la ME s'adresse aux auteurs, c'est que ses vrais clients sont ceux qui écrivent et non ceux qui lisent. Cela signifie qu'elle gagne de l'argent non en vendant vos livres mais en VOUS vendant des services. La plupart du temps, les coûts sont importants pour l'auteur, les services minimalistes, et vous y cédez de manière dommageable les droits d'auteur de vos textes alors qu'ils finissent dans des catalogues numériques qui valent autant que des tiroirs perdus dans un grenier.

4 - Quelle réputation cette maison d'édition a-t-elle ?

a. Les auteurs se plaignent que leurs livres ne se vendent pas.

b. Les auteurs se plaignent que les services vendus par la ME ne sont pas de qualité suffisante.

c. Les auteurs se plaignent de ne pas pouvoir se libérer de contrats pourtant non respectés par la ME.

d. Les auteurs se plaignent que leurs manuscrits ont été refusés par la ME, ou bien ils se satisfont au contraire de leurs ventes et des services réalisés grâce à cette ME.

 

Les réseaux sociaux et Internet sont une mine d'informations divergentes et d'intox, mais une chose est vraie : le mécontentement s'y exprime plus souvent que le contentement. Si les auteurs se plaignent d'avoir été escroqués, que leur livre a été mal corrigé ou enfermé dans un catalogue anonyme au point que les auteurs doivent vendre eux-mêmes leurs livres pour rentrer dans leurs frais, c'est le signe que la ME ne fait pas son travail d'éditeur.

Si les seuls commentaires négatifs que vous trouvez ont trait à des auteurs en colère d'avoir vu leurs manuscrits refusés, alors c'est très bon signe : c'est le signe que la ME choisit les livres sur lesquels elle s'investit, et qu'elle compte bien les vendre pour se rembourser.

5 - Comment la maison d'édition vend-elle les livres qu'elle édite ?

a. Sur son site internet exclusivement.

b. Sur toutes les grandes plateformes, mais au format numérique uniquement.

c. Sur toutes les grandes plateformes aux formats numériques et brochés, voire même en librairies physiques.

 

Si le texte n'est pas répertorié sur les grands catalogues où les acheteurs cherchent des livres, c'est comme s'il n'existait pas. S'il n'existe qu'au format numérique, c'est qu'il n'y a pas de prise de risque financier, et donc probablement pas de campagne active de promotion.

Une ME sérieuse propose le livre partout où il peut s'acheter ou se commander, et il s'assure de la possibilité de pouvoir le diffuser aussi sous forme brochée. Elle fait donc le nécessaire pour rendre les livres accessibles et les faire connaître.

6 - Quelles activités la maison d'édition mène-t-elle sur les réseaux sociaux ?

a. Essentiellement des appels à textes.

b. Essentiellement la promotion des livres édités.

 

S'il n'est pas toujours évident pour une ME d'occuper les écrans publicitaires des chaînes de télé et de radio ou les panneaux de rue, les réseaux sociaux sont en revanche un passage obligé. Si la ME ne recherche qu'à multiplier les auteurs, c'est qu'elle se paie sur leurs rêves sans chercher à vendre. Si elle cherche au contraire à conquérir des lecteurs, c'est le signe que son objectif principal est bien de vendre des livres.

Si la maison d'édition que vous envisagez répond à tous les critères de qualité présentés ici, c'est qu'elle est un partenaire sérieux pour vos projets de publication. N'en oubliez pas pour autant de bien analyser les contrats proposés afin de ne pas renoncer à vos droits d'auteur sans contreparties valables, mais également de façon à ne pas sacrifier certains aspects de votre œuvre qui sont essentiels pour vous. Vous pouvez également vous faire aider d'agents littéraires ou de conseillers juridiques spécialistes de ces questions. Enfin, ne négligez pas d'étudier les précédentes publications de la maison d'édition pour voir si votre création trouve sa place parmi elles.

Rappelez-vous qu'on peut toujours discuter avec un éditeur pour déterminer ensemble l'intérêt du livre. Et, en plus, si un éditeur vous a dit oui, un autre peut le faire également. Alors, prenez le temps de la réflexion pour ne pas avoir de regrets !



Belle continuation sur les chemins littéraires,

et n'oubliez pas de croire en vos rêves !

 


N.B. : Le guide d'écriture de La Plume Amie compile conseils, ressources et outils pour aborder la plupart des étapes de l'écriture jusqu'à la mise en valeur du texte final. Je vous invite à le consulter sur le lien suivant : https://www.laplumeamie.com/guide-d-criture

Pour en savoir plus,

voici une excellente vidéo

de Christelle Lebailly

Et cet excellent article de Myfanwy

qui détaille tout ça !