Faites des pères

04/05/2021

Mais quel est cet écho que j'entends dans mon dos ?
Et qui donc met ses pas pas à pas dans mes pas ?

J'ai beau me retourner, nul ne marche après moi !

C'est en baissant les yeux que je vois que c'est faux...

 

— Qui es-tu, petit moi, qui me suit doucement ?

D'où viens-tu, petit moi, pour me ressembler tant ?

Viens-tu pour un mouton, une rose, un trésor,

Ou bien t'es-tu perdu, ou défies-tu le sort ?

 

— T'es con, Papa ! C'est moi !

Je viens de la cuisine !

C'est Maman qui m'envoie !

Paraît qu'on l'enquiquine...

 

— Mais oui, Papa, c'est nous !

Tu oublies toujours tout...

Tu ne reconnais pas

Tes propres petits gars ?

 

Je pleure à l'intérieur et souris en dedans :

Le temps a bien vieilli et m'a fait deux enfants.

Quand on va de l'avant, on ne sait plus très bien

Comment les jours s'en vont et ce que l'on devient.

 

Alors qu'on cherche au loin nos rêves vaporeux,

Le bonheur se repose au bord de notre route,

Et on oublie souvent à trop fermer les yeux

Qu'on a auprès de soi de quoi calmer nos doutes.

 

— C'est quoi ce regard triste ?

Tu viens jouer avec nous ?

 

— Non, je ne suis pas triste :

Surpris d'être avec vous.

Laissez-moi un instant

Pour enlever Maman

D'un bisou dans le cou,

Qu'elle joue avec nous !

 

— Ah, non, c'est dégueulasse !

Y a des hôtels pour ça !

 

— Pourquoi tu la rembrasses ?

Tu l'as fait mille fois !

 

— Vous avez bien raison :

Elle en aura plus tard !

C'est à vous, polissons,

Que j'en fais de trop rares !

 

Et nous voilà tous trois

À disperser les ombres,

Riant à grands éclats,

Chassant les idées sombres !

 

Ce n'est pas tant l'enfant qui dit la vérité :

C'est que la vérité se niche dans son rire !

C'est là que dort le sens et que fleurit l'été ;

C'est là qu'on vainc la mort et qu'on oublie le pire !

L'attrait du vide

03/05/2021

Que vaut un mot qui élève
Face au jupon qu'on soulève ?

À quoi s'accrocher en Homme

Quand on peut croquer la pomme ?

 

L'esprit a des déraisons

Que vient chasser la passion,

Et le culte du désir

Épargne le repentir.

 

C'est pourquoi l'homme en satyre

Réduit la femme en pâture,

Parce qu'en se livrant au pire

Il étouffe les murmures.

 

Ces voix sont bien trop nombreuses

À hurler dans notre tête

Que notre vie malheureuse

N'a de sens privé de quête.

 

Mais la seule qui résonne

Dans le tréfonds de nos âmes,

C'est quand s'écoulent les larmes

Que la vérité couronne :

Une vie n'est bien vécue

Que lorsqu'on a triomphé

De la bête en nous logée

Pour nous réduire au rebut.

L'attrait du vide

03/05/2021

Que vaut un mot qui élève
Face au jupon qu'on soulève ?

À quoi s'accrocher en Homme

Quand on peut croquer la pomme ?

 

L'esprit a des déraisons

Que vient chasser la passion,

Et le culte du désir

Épargne le repentir.

 

C'est pourquoi l'homme en satyre

Réduit la femme en pâture,

Parce qu'en se livrant au pire

Il étouffe les murmures.

 

Ces voix sont bien trop nombreuses

À hurler dans notre tête

Que notre vie malheureuse

N'a de sens privé de quête.

 

Mais la seule qui résonne

Dans le tréfonds de nos âmes,

C'est quand s'écoulent les larmes

Que la vérité couronne :

Une vie n'est bien vécue

Que lorsqu'on a triomphé

De la bête en nous logée

Pour nous réduire au rebut.